Présentation
Traduit du japonais par Corinne Atlan
Dans ce nouveau roman, très différent des précédents, Hitonari Tsuji nous entraîne dans un voyage initiatique à travers Tokyo. Le narrateur, dont on ne saura pas le nom, est un jeune provincial à la recherche de son frère, qu'il n'a pas vu depuis plusieurs années et à qui il doit annoncer la mort de leurs parents.
Où est donc Yuji ? Dans son appartement, abandonné semble-t-il depuis longtemps, il y a la photo d'une femme, avec une adresse au dos. Mais Yuji n'est pas là non plus. Une deuxième femme, puis un ancien ami du disparu, vont révéler peu à peu que ce dernier est devenu plus ou moins le gourou d'une secte et qu'il a exercé une fascination trouble sur tous ceux qui l'ont approché.
Un soir, il surgit devant son jeune frère qui le supplie de ne pas l'abandonner. Pour toute réponse, celui-ci reçoit un coup de poing en pleine figure, et ce coup, étrangement, lui fit l'effet du sermon d'un maître vénéré lui expliquant ce qu'est la vie… Représentant à la fois la quête spirituelle que chacun peut avoir envie de faire, mais aussi tous les dangers - la violence, la drogue, les sectes - qui guettent le voyageur égaré dans le monde moderne, Yuji inspire à la fois répulsion et bizarre sympathie. Un mal de vivre propre à la jeunesse, entre désir de pureté et accès de violence imprévisibles, contre soi ou contre tout le monde, imprègne tout le récit. De cette errance dans les lieux cultes d'un Tokyo ultramoderne se dégage un charme très particulier, à la fois réaliste et onirique. Structuré comme un roman policier, L'Arbre du voyageur tient le lecteur en haleine jusqu'au bout.